Solidarité après l'attaque terroriste raciste de Trappes et de La Verrière
La municipalité de Guignes a appris avec une profonde émotion l'attaque meurtrière à l'arme à feu survenue le vendredi 23 octobre à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Le président de la République a dénoncé un « attentat terroriste raciste » et le Parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête. Ce drame a coûté la vie à une personne Pengo Bossio Wangi et plusieurs blessés, dont une enfant de 12 ans.
Face à cette tragédie, nos pensées vont aux victimes, à leurs familles et à leurs proches, ainsi qu'aux habitants de ces deux communes profondément éprouvées.
Nous n'oublions aucune victime.
Cette nouvelle attaque nous rappelle douloureusement la longue liste des drames qui ont marqué notre pays. Nous pensons aux victimes des attentats de Toulouse et Montauban, de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher en janvier 2015, du Bataclan et des terrasses parisiennes en novembre 2015, de Nice en juillet 2016, de Saint-Étienne-du-Rouvray et de Strasbourg.
Nous n'oublions pas non plus le père Jacques Hamel, Samuel Paty et Dominique Bernard, assassinés par des terroristes islamistes.
Nous avons également une pensée pour Aboubakar Cissé, tué dans une mosquée à La Grand-Combe en avril 2025, et pour Hichem Miraoui, assassiné à Puget-sur-Argens en mai 2025 dans une affaire ayant donné lieu à une enquête antiterroriste pour des faits présumés à caractère raciste. Nous pensons aussi à Lola, à Thomas, tué à Crépol, à Philippine, ainsi qu'à toutes les autres victimes de meurtres et de violences qui ont bouleversé des familles et des communes entières.
Derrière chacun de ces noms, il y a une vie, une famille, des proches, des projets et un avenir brutalement interrompu. Aucune victime ne doit être oubliée, aucune souffrance ne doit être minimisée et aucune vie ne doit compter moins qu'une autre.
Peut-on réellement parler aujourd'hui d'un tournant ?
Depuis des années, notre pays est confronté à des attentats, à des meurtres et à des violences qui frappent des innocents et plongent des familles dans le deuil. Les événements de Trappes et de La Verrière ne surviennent pas dans un vide : ils s'inscrivent dans une succession de drames qui interrogent notre société depuis longtemps.
Cela ne signifie pas que tous ces crimes sont identiques, ni que leurs motivations sont les mêmes. Mais nous ne pouvons pas faire comme si nous découvrions aujourd'hui une réalité qui a déjà fait tant de victimes. Chaque drame doit nous conduire à regarder les faits avec lucidité, à rechercher les responsabilités et à agir pour mieux protéger nos concitoyens.
Si l'enquête confirme que les victimes de Trappes et de La Verrière ont été ciblées en raison de leur couleur de peau ou de leur origine supposée, cette motivation devra être pleinement prise en compte par la justice. Le racisme et les violences motivées par la haine sont inacceptables et ne doivent jamais être banalisés.
Pour autant, nous devons refuser tout amalgame. Les actes d'un individu ne sauraient engager la responsabilité de toute une communauté en raison de ses origines, de sa couleur de peau, de sa religion réelle ou supposée, ou de ses opinions politiques. La responsabilité est individuelle et doit être établie à partir des faits.
Dans notre République, nul ne peut se faire justice soi-même. Il appartient à la justice d'établir les faits, de déterminer les responsabilités et de prononcer les sanctions prévues par la loi. La fermeté face aux crimes, le soutien aux victimes et le respect de l'État de droit ne sont pas contradictoires : ils sont indissociables.
Nous saluons également l'intervention des Forces de Sécurité Intérieure et l'engagement des services de secours auprès des victimes.
La sécurité, le respect de la vie humaine et le refus de toutes les formes de haine doivent nous rassembler au-delà de nos différences.
La République doit protéger chacun de ses citoyens, sans distinction. Face à la violence, nous devons faire confiance à la justice, refuser les représailles et préserver ce qui nous unit.
La commune de Guignes exprime toute sa solidarité aux victimes, à leurs familles et aux habitants de Trappes et de La Verrière.
Sandra BALLABENE, Maire de Guignes